C’est officiel : l’influence n’est plus un simple effet de mode, c’est un pilier du marketing mix. Avec 82% des annonceurs français ayant mené une campagne au cours des deux dernières années (source : Étude Reech 2026), le levier est désormais mature et installé. Mieux encore : 94% des professionnels le jugent performant.
Pourtant, jamais le secteur n’a été aussi mouvant.
En route vers 2026, le marketing d'influence vit une véritable dichotomie. D'un côté, une course au spectaculaire où les créateurs rivalisent avec le cinéma ; de l'autre, un retour radical à l'authenticité via le Live IRL et le mouvement "Real Me".
Alors que la mesure du ROI reste un défi complexe pour 52% des marques comment naviguer entre ces extrêmes ?
Des campagnes 360° à la TV, jusqu'au phénomène du deinfluencing, nous avons décrypté les 6 tendances qui vont redessiner les règles du jeu en 2026.
Le temps où l’influenceur se filmait seul dans sa chambre avec une caméra bon marché est révolu. Désormais, les créateurs sont à l’origine de concepts vidéo créatifs, spectaculaires et audacieux.
Ils se professionnalisent, ont plus de moyens financiers et sont entourés d’experts de l’audiovisuel. Leurs productions n'ont plus rien à envier à la télévision, et les performances des contenus sont tout aussi impressionnantes que leurs vidéos. Les scénarios sont travaillés, le montage est maîtrisé, et les effets visuels ou sonores rivalisent avec ceux des grandes productions cinématographiques. Certains influenceurs deviennent des références en la matière, Squeezie, Michou ou encore Inoxtag, innovent sans cesse pour proposer des concepts originaux qui créent l’événement à chaque lancement.
La frontière entre le divertissement amateur et le contenu professionnel s’efface, les influenceurs deviennent de véritables emblèmes de la culture populaire. À travers ces contenus, les créateurs ne sont plus cantonnés à divertir les adolescents, ils sont capables d’intéresser et de capter l’attention du grand public. Preuve en est, la dernière édition du GP Explorer a été diffusée pour la première fois sur France Télévisions. Cette retransmission a touché 6,7M de spectateurs (couverture tous écrans), avec une moyenne d’âge de 46 ans* (source : France TV).
Un succès sans précédent qui marque un tournant durable dans l’influence et ouvre de nouvelles perspectives pour les marques, qui pourraient mettre à profit leur territoire de communication pour imaginer, avec un influenceur, une expérience à grande échelle, sur-mesure, aussi audacieuse que divertissante.
Kaizen d'Inoxtag
👀 Vues : 47 millions
⚡️ Taux d'engagement : 5,18%
(source : Reech Influence Cloud)
👀 Vues : 10 millions
⚡️ Taux d'engagement : 6,1%
(source : Reech Influence Cloud)
Le train de Squeezie
👀 Vues : 14 millions
⚡️ Taux d'engagement : 7%
(source : Reech Influence Cloud)
Le live-streaming, en particulier les streams IRL (In Real Life), est devenu un format en plein essor, porté par une recherche croissante de spontanéité et de proximité. Le nombre de publications mentionnant le terme IRL a ainsi augmenté de 65%, et 2,6 millions de contenus publiés en 2025 font référence au live stream (source : Reech Influence Cloud), confirmant l’ancrage durable de ce format dans les usages.
Par exemple, à Times Square, à New York, l’Américaine Wendy Ortiz, qui compte plus de deux millions d’abonnés, utilise l’espace public pour échanger en direct avec sa communauté. Ces sessions offrent une proximité inédite avec le public : le spectateur devient un véritable protagoniste du contenu. Bien qu’à distance, il participe à l’expérience comme s’il était physiquement sur place.
Les interactions ne se limitent pas aux commentaires. Les spectateurs peuvent influencer le déroulement du stream en temps réel, proposer des défis, poser des questions ou même prendre part à des jeux. Cette instantanéité et cette interactivité font du live-streaming un format particulièrement engageant, où le contenu se co-construit avec la communauté.
En France, l’influenceur Papesan, qui rassemble 524,5k followers sur Twitch, maîtrise parfaitement l’art du live IRL. Ses balades dans les rues parisiennes comme japonaises sont jalonnées de rencontres imprévues, faisant de chaque live un moment unique et impossible à reproduire à l’identique.
Plus largement, le live IRL offre aux créateurs une liberté de ton et de format difficile à atteindre dans les vidéos préenregistrées. Voyages, défis ou simples promenades urbaines : chaque diffusion est différente, imprévisible et profondément humaine, renforçant le sentiment d’authenticité.
Une dynamique qui ouvre une véritable opportunité pour les marques qui pour faire preuve d’authenticité pourraient plonger le public dans leur réalité, montrer l’envers du décor grâce au live IRL.
Les influenceurs ne se contentent plus de partager leur quotidien. Pour captiver et divertir leur communauté, ils sortent de leur zone de confort en explorant des univers et des centres d’intérêt inattendus. Ils se lancent des défis ambitieux pour repousser les limites de leur créativité. Ces formats leur permettent à la fois de créer du contenu éditorialisé et de surprendre leur communauté, pour la fidéliser et maintenir son intérêt.
Le challenge s’inscrit dans une tendance de fond : le nombre de publications mentionnant le terme challenge a augmenté de 70% entre 2022 et 2025 (source : Reech Influence Cloud)
Pour exemple, Alice Bruns, adepte des quêtes secondaires, nous partage son processus d’apprentissage des échecs dans le cadre du tournoi auquel elle s’est inscrite, expliquant ses stratégies, ses erreurs et ses succès avec humour et légèreté.
L’influenceuse Manon Duma, connue pour ses talents de styliste, s’est mise au défi de réaliser des tenues à partir de matériaux insolites, mêlant recyclage et innovation pour créer des looks surprenants et inspirants. Sa robe créée à partir de coquilles de moule cumule plusieurs milliers de vues sur Instagram.
Charlie, quant à elle, est avide de découvertes : sa curiosité insatiable la pousse à changer de métier tous les trois mois, documentant chaque expérience et offrant à ses abonnés une plongée captivante dans des univers professionnels variés (DJ, guide de safari, peintre).
Ces initiatives montrent que l’influence ne se limite plus à la visibilité ou à l’apparence. Elle repose désormais sur l’expérience, la créativité et la capacité à surprendre. Les marques ont évidemment tout à gagner en initiant ces challenges sur plusieurs semaines / mois avec les influenceurs. Un format qui offre de nombreux bénéfices notamment, renforcer la présence à l’esprit et l’attribution.
Le défi d'Alice Burns
La robe moule de Manon Duma
Le défi de @missucharlie
Pour les influenceurs, la norme n’est plus de donner à voir une version parfaite et édulcorée de leur quotidien. Une partie des créateurs de contenu se révèle anticonformiste, ils font l’éloge de l’imperfection, déconstruisent les tendances les plus conventionnelles et vont à l’encontre de ce que les réseaux sociaux ont l’habitude d’imposer.
Trois mouvements illustrent particulièrement cette évolution.
Le deinfluencing, une tendance née sur TikTok qui prône un mode de consommation plus responsable et connaît un succès sans précédent, le #deinfluencing a généré 652M d’impressions en 2025 (Source Reech Influence Cloud).
Les créateurs qui l’adoptent mettent en valeur les injonctions, les tendances dans lesquelles il ne faut pas tomber. Si l’influenceur est connu pour sa capacité à créer de nouveaux besoins ici c’est l’éloge de la simplicité et du minimalisme qui fait foi.
La tendance “je m’en fous” repose quant à elle sur la spontanéité. Les influenceurs brisent la pression de la perfection en créant un lien sincère avec leurs abonnés, qui se reconnaissent dans ses moments simples et universels du quotidien.
Enfin, le wabi-sabi, inspiré de la philosophie japonaise, célèbre la beauté de l’imperfection et de l’éphémère. Le terme a cumulé 877M d’impressions en 2025 (Source : Reech Influence Cloud). Les créateurs valorisent le naturel, la modestie et les moments ordinaires, loin des contenus superficiels, donnant à voir un univers authentique et apaisant.
Ces trois tendances témoignent d’un tournant majeur : l’influence ne se mesure plus à la perfection ou au nombre d’abonnés, mais à la capacité des créateurs à être vrais, accessibles et inspirants. Cette tendance permet de repenser profondément la nature des contenus partagés, pour les marques promouvoir la réalité du quotidien devient plus désirable que les contenus inspirationnels.
L’influence ne se limite plus aujourd’hui à la publication de contenus sur les réseaux sociaux. Elle est désormais 360°, intégrée à l’ensemble de l’écosystème marketing. Les influenceurs ne sont plus seulement des créateurs de posts ou de vidéos : ils deviennent des talents qui valorisent le message d’une marque sur de multiples supports et formats.
De plus en plus, les marques font appel à des influenceurs pour être les visages de leurs campagnes publicitaires télévisées, leur offrant une visibilité comparable à celle des célébrités traditionnelles. En 2024, les fans de Léna Situations ont pu l’apprécier dans la campagne décalée d’Uber Eat. Cette présence renforce la crédibilité des messages, grâce à la relation de confiance établie avec leur communauté.
L’Étude Reech 2025 révèle d’ailleurs que les publicités des créateurs sont largement préférées à celles sur les médias classiques. En effet, 31% des Français déclarent préférer voir des publicités créées par les créateurs de contenu, plaçant cet item en première position.
Plus récemment, Anyme après son succès fulgurant est devenu le visage de JD Sports, dans une campagne OOH.
Par ailleurs, la co-création de produits avec des marques s’impose aussi comme un levier de communication efficace. Les influenceurs participent activement au développement, au design et à la promotion d’un produit, partageant à leur audience tout le processus de création. En 2024, Candy Up s’est associée à Michou pour concevoir une édition limitée dont le succès ne s’est pas fait attendre, 4,8M de personnes touchées.
L’influence se développe dans tous les espaces culturels. Certains créateurs écrivent des livres, quand d'autres lancent même leur maison d’édition à l’instar de Léna Situations. Ils partagent aussi leur expertise et leur quotidien à travers des podcasts comme Les Pachas, animé par Mayadorable et Jules Pedretti. Cette diversification permet de toucher des publics variés et de prolonger l’expérience au-delà du digital.
Ainsi, l’influence devient un levier global, confirmant son rôle central dans les stratégies de marketing / communication des marques. Les influenceurs ne sont plus un nice to have mais bien le point de départ d’une campagne 360 efficace.
L’influence s’est rapidement imposée comme un levier incontournable des stratégies de communication des marques. Aujourd’hui, 68% des annonceurs déclarent l’avoir intégrée à leur plan de communication depuis plus de trois ans (source : Étude Reech 2026).
Si la majorité des experts renouvellent leur stratégie d’influence chaque année, c’est notamment parce qu’ils sont convaincus de son efficacité. L’étude le confirme : 94% des professionnels considèrent l’influence comme un levier performant.
Malgré l’existence de nombreux indicateurs de performance (impressions, vues, taux d’engagement) permettant d’évaluer l’atteinte des objectifs de communication et de légitimer l’impact des campagnes d’influence sur les consommateurs, la mesure du ROI reste complexe pour les annonceurs.
Cette difficulté constitue un frein majeur au développement du levier pour 52 % des marques. Les équipes de communication se heurtent ainsi à la méfiance des comités de direction, qui privilégient les investissements dans des leviers dont le retour sur investissement est plus clairement démontré et mesurable.
L’enjeu pour les professionnels est désormais de dépasser le traditionnel EMV afin de construire un cadre de référence fondé sur des outils et des indicateurs précis, capables de valoriser à la fois l’efficacité et la rentabilité de l’influence marketing. La mesure de l’impact devient alors essentielle pour lever les doutes qui subsistent et convaincre les acteurs encore sceptiques.
En 2026, l’influence évolue dans deux directions qui coexistent : des productions toujours plus ambitieuses, et une quête d’authenticité toujours plus forte. Entre ces deux pôles, un point fait consensus : ce qui distinguera les stratégies performantes, ce ne sera pas le “buzz”, mais la capacité à construire des dispositifs cohérents, pensés sur la durée, et surtout mesurés avec rigueur.
Pour les marques, l’enjeu n’est donc plus de “faire de l’influence”, mais de choisir le bon niveau d’ambition créative, le bon format (IRL, challenges, 360°…), et un cadre de mesure qui dépasse l’EMV pour relier les contenus aux vrais objectifs business. C’est à ce prix que l’influence continuera de gagner en maturité… et en budgets.
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